Faire son Nettoyant Universel avec du Savon de Marseille

Depuis que je bosse dans le milieu de la santé, je me rend compte au quotidien combien les produits désinfectants habituellement utilisés pour nettoyer les surfaces potentiellement sales/infectées sont agressifs : mes mains, même protégées par des gants en latex, sont désséchées, j’ai la gorge qui pique plus souvent… Et le plus flippant, c’est de savoir que ces produits cancérigènes et toxiques même à faible dose ne sont pas différents de ceux que l’on utilise chez soi pour son petit ménage quotidien !

Sachant que je « m’intoxique » déjà bien assez au boulot, j’ai décidé de déjavéliser mon intérieur. Chéri et moi sommes partis du constat qu’une maison pouvait être propre sans forcément être intégralement désinfectée, qu’il fallait faire confiance aussi à son immunité et que de manière générale, notre chez-nous était rarement sale : poussiéreux parfois, désordonné éventuellement, taché parfois (surtout dans la cuisine). Rien qui ne nécessite en tout cas un usage régulier de produits javelisés ou alcoolisés, catastrophiques pour nous mais également pour la biodiversité lorsqu’ils sont rejetés dans le circuit des eaux usées.

Nous sommes donc retournés aux basiques de nos grand-mère en mobilisant des savoir-faire un peu oubliés et des produits peu chers et faciles à trouver : si j’utilise purs le vinaigre blanc, le savon noir et le bicarbonate de soude, Chéri et moi fabriquons également notre « nettoyant universel » qui nous sert pour laver le sol, la cuisine et la salle de bain, et qui constitue également une chouette lessive. Pour l’utiliser, il suffit d’en prélever une cuillère et de la diluer dans un peu d’eau chaude ou de vinaigre blanc : c’est prêt !

*Evidemment, mieux vaut faire 15 min de ménage tous les jours avec des produits naturels, plutôt qu’une heure par semaine avec des produits hyper agressifs. Passer à un ménage « naturel » sans javel nécessite d’être régulier pour ne pas laisser la saleté et les bactéries proliférer car au delà d’un certain stade, il faudra revenir au désinfectant… Dommage !* 

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Pour un bocal d’un litre, il faut :

  • 200g de savon de Marseille râpé en copeaux
  • 900 ml d’eau bouillante
  • un trait de vinaigre blanc
  • 6 gouttes d’huile essentielle désinfectante (citron, lavande vraie, cannelle, tea tree…)

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On verse tous les ingrédients dans le bocal, l’eau bouillante en dernier. On touille un peu avec une cuillère en bois pour bien mélanger, et on laisse reposer une nuit au frais sur le rebord d’une fenêtre. La préparation va figer. Il suffira ensuite de prélever cette « gelée » à la cuillère et de la diluer selon les besoins. ^^

E vous, faîtes-vous votre propre nettoyant ? 

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Un Pain Spécial Petit Dej’ (et Sans Machine à Pain !) Avec Marlette

Quand j’étais gamine, j’avais (j’ai toujours d’ailleurs, coucou Annabelle !) une très bonne copine qui habitait dans le même village que mon arrière-grand-mère, et dont les parents étaient éleveurs laitiers « à l’ancienne ». Comprenez : débrouillards et adeptes des choses simples et du fait maison, valeur que je trouve aujourd’hui hyper importante mais je ne l’avais pas réalisé à l’époque…

J’aimais beaucoup aller chez cette copine car son père y était toujours occupé à fabriquer ou cuisiner des choses que mes parents et 99% des gens en général se contentaient d’acheter tout prêt. Quand on est une petite fille citadine de 10 ans, assister au brassage de la bière, à la fabrication du fromage ou du beurre, au séchage des saucisses franc-comtoises ou au pétrissage du pain a quelque chose d’un peu magique… Et la saveur du « fait-maison » est tellement différente !

Aujourd’hui j’ai 24 ans et je ne revois plus cette copine aussi souvent que je l’aurais souhaité car la France est bien grande et je suis bien loin de ma chère Haute-Saône, mais j’ai gardé intact dans mes souvenirs toutes les sensations liées au pain frais que l’on a fait soi-même : la pâte qui colle aux doigts, les bras douloureux à force de pétrissage et ce geste si caractéristique que je suis tellement fière d’avoir appris pendant un énième « atelier boulange » improvisé, la pâte qui lève sous son torchon, l’odeur du pain chaud dans le four et enfin son petit goût un peu acide lorsqu’on le consomme encore tiède avec de la confiture…

Alors quand je me promenais chez Nature & Découvertes l’autre jour et que je suis tombée nez à nez avec cette préparation pour pain spécial petit déjeuner », inutile de dire que je me suis jetée dessus avec la ferme intention de faire mon propre pain moi aussi.

Le produit en question vient de chez Marlette, une petite entreprise basée sur l’ile de Ré, et qui propose des préparations pour pains spéciaux, gâteaux et apéritifs à faire soi-même. Les ingrédients sont bios et Français, ils proposent même une gamme sans gluten, c’est un peu cher mais ils livrent dans toute la France donc foncez !

Pour revenir à ma boulange, j’ai profité d’un samedi après-midi pluvieux pour rassembler mes souvenirs de gosse en vacances à la campagne et faire, moi aussi, mon pain. Trois heures et deux bras en moins plus tard, il était là, doré, croustillant. Chéri et moi l’avons dégommé en deux jours (on s’en est même empiffré pour le goûter, houuu pas bieeeen) parce qu’il était trop bon avec ses petites noisettes et ses morceaux de figues.

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Le retour à la baguette pas cuite de la boulangerie dès le lendemain fut rude. Alors c’est décidé, désormais, je nous ferais ce petit plaisir, quelques fois dans le mois, de faire notre pain.

Et vous, faîtes-vous votre pain ? 

Ma Cure d’Automne : le Jus D’Argousier

J’ai toujours eu dans l’idée qu’il fallait prendre une « cure » de vitamines en automne afin de se fortifier pour l’hiver : c’est en tout cas sous ce prétexte que ma mère réussissait à nous faire gober une pastille à l’orange tous les matins avant de partir à l’école, sitôt les premières feuilles tombées.

En grandissant, puis en quittant le cocon familial, j’ai continué à perpétrer la « tradition » avec moult verres de jus d’orange et autres comprimés à l’acérola, mais une question a fini par se faire jour : le jus d’orange a une teneur plutôt limitée en vitamine C (on l’ignore encore trop souvent) et les pastilles ou comprimés achetés en pharmacie, faits on ne sait comment, coûtent une blinde (et sont vite en rupture de stock). Comment faire dans ce cas pour continuer à prendre sa petite dose de vitamines de façon naturelle et efficace ?

C’est il y a quelques semaines, en nous baladant sur les stands d’un marché médiéval (cherchez l’erreur) où il faisait chaud et où nous voulions nous rafraîchir que nous avons découvert le Graal. Parmi les cocas et autres bières, le tavernier proposait un « jus d’argousier« . Je suis curieuse, je veux goûter. Le gars m’explique : « c’est pas sucré du tout, vous allez voir, c’est pas une boisson commerciale. On peut même dire que c’est pas bon, ça ne fait du bien qu’à l’intérieur ». Ah. Il en faut plus pour me décourager.

Effectivement, l’argousier n’est pas sucré; imaginez un petit fruit sauvage un peu aigre, qu’on aurait broyé en purée, puis en jus, et qu’on viendrait diluer avec de l’eau. Cela dit, ça reste tout à fait consommable.

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Forts de cette expérience, Chéri et moi nous sommes renseignés sur le jus d’argousier : c’est un petit arbuste sauvage qui pousse à l’état endémique sur les montagnes des Alpes de Haute Provence, et qui est cueilli à la main puis broyé en jus que l’on doit conserver en bouteilles opaques au frais. Il se vend assez cher (quelques chose comme 25 ou 30 euros le litre…) dans la plupart des magasins bios, sous la marque Gayral (mais je pense qu’il doit y avoir aussi des fournisseurs artisanaux, sous peu que l’on se déplace jusqu’à Gap…)

L’intérêt de l’argousier : on en prélève une cuillère à soupe que l’on dilue dans un verre d’eau… Cette mixture apporte l’équivalent en vitamine C de plus de 30 verres de jus d’orange !! Autant dire que c’est LE produit anti-fatigue hivernal, et que les défenses immunitaires sont boostées au max avec un tel produit.

J’en prend donc un verre par jour le matin au petit dej, sur une cure qui je pense va s’étaler sur au moins deux mois (malgré la petite taille de la bouteille, le fait de n’en prélever qu’une cuillère à soupe par jour la fait descendre doucement). Et je dois dire que je me sens effectivement moins fatiguée que d’habitude, malgré le changement de saison. Certes, je suis en pleine sinusite mais elle couvait depuis longtemps et l’argousier n’a fait que la faire « éclore », Chéri qui suit la même cure que moi n’a pas été malade une seule fois, pas même un petit mal de gorge ou de tête comme ça lui arrive parfois.

Cure validée donc !

Plus d’infos : Argousier

Miellée d’été : De la ruche au pot, ou comment on récolte le miel aujourd’hui

Depuis quelques années déjà, beau-papa a une grande passion : l’apiculture. Si jusque là il s’était contenté d’accumuler les livres sur le sujet, il a sauté le pas il y a deux ans en installant des ruches dans son jardin. 

Cet été, nous avons donc procédé à la première miellée de ses deux ruches les plus anciennes (les trois autres étant plus récentes, il faut laisser aux abeilles le temps de se constituer un « stock » de miel pour elles avant qu’elles n’en fassent un pour nous dans des cadres spéciaux, appelés « hausses »)

Comment procéder ? Il faut tout d’abord préparer tout le matériel en amont et le garder à portée de main car il faut agir relativement vite (l’essentiel des étapes doit être réalisé dans la demi-journée). On revêt la tenue d’apiculteur pour éviter au maximum les piqûres car les abeilles n’aiment pas qu’on leur pique leur miel et le font savoir… Par chance, les essaims de beau-papa sont issus de variétés peu agressives, donc un simple chapeau à voilette a été nécessaire.

Tout d’abord on enfume les abeilles pour les calmer, en faisant brûler de la jute et des brindilles dont on souffle la fumée sur la ruche. Pas de panique, cela ne fait pas souffrir les abeilles !

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Ensuite, on ouvre la ruche et on enlève les cadres (sur lesquels elles ont construit des alvéoles en cire qu’elles ont rempli de miel) un à un, en les brossant pour éliminer doucement les abeilles qui y restent accrochées. C’est là qu’il faut agir vite, car les abeilles peuvent devenir agressives, et une ruche ouverte trop longtemps se refroidit (pas bon pour les couvains, ou larves d’abeilles). 

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Il faut ensuite emmener tous les cadres dans un lieu fermé où les abeilles n’entreront pas, et qui soit chauffé pour que le miel reste bien liquéfié (il est ainsi plus facile à extraire). 

Alors commence le processus d’extraction : si au moyen-âge on détruisait et broyait les cadres pour récupérer le miel, désormais on désopercule les alvéoles à l’aide d’un gros couteau bien aiguisé. On récupère la cire des opercules (elle servira à nourrir les jeunes abeilles) et on place les cadres désoperculés à la verticale dans un extracteur

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L’extracteur est un grand cylindre dans lequel une manivelle permet de faire tourner les cadres à grande vitesse. Ceux-ci, sous l’effet de la force centrifuge, projettent alors le miel sur les parois intérieures du cylindre. Il n’a plus qu’à couler au fond de la cuve, où on le récupèrera grâce à un petit robinet. 

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Quand tous les cadres sont passés à l’extracteur, on filtre le miel obtenu à l’aide d’une étamine (un fin tissu qui retient les impuretés) et on le transvase dans une grande cuve appelée maturateur. Le miel y restera au chaud (environ 20-25°c) quelques jours, le temps que les dernières microscopiques impuretés remontent à la surface (on les « écumera » par la suite avec un torchon propre).

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Trois ou quatre jours plus tard, on peut procéder à la mise en pots : Après avoir soigneusement nettoyé et séché les pots, on les remplit grâce au petit robinet du maturateur, et on ferme les couvercles. Le miel étant imputrescible, il n’y a pas besoin de le stériliser comme c’est le cas pour les conserves ou certaines confitures. Il n’y a plus qu’à stocker la récolte… Et à faire des tartines !

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Comme vous pouvez le constater, l’extraction du miel réalisée de façon artisanale directement chez l’apiculteur suit un procédé simple, sans machine ni produit additif, et respectueux des abeilles (je rappelle que nous leur laissons la majorité du miel contenu dans la ruche, et n’extrayons que le « surplus » qu’elles ne consommeront pas). Pour info, les deux petites ruches de beau-papa on tout de même produit plus de 25 kilos de miel cette année…!

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En bref, une expérience géniale à laquelle j’ai été très fière de participer… Vivement la prochaine miellée !